Résidence Littérature Résidence d'écriture francophone Afriques-Haïti
Publié le 26 janvier 2026
Le poète et écrivain malgache Elie Ramanankavana est le lauréat de l’édition 2026 de la résidence d’écriture francophone Afriques-Haïti !
Il sera accueilli en résidence du 1er au 1er mars prochains à la Villa Saint-Louis Ndar (Sénégal), puis du 2 mars au 30 avril en Nouvelle-Aquitaine (à la Maison des Écritures de La Rochelle puis à la Villa Valmont à Lormont). Cette résidence est pour lui l’occasion de travailler à l’écriture de son roman Peau noire, Île Rouge, une œuvre qui explore les rapports entre peuples colonisés en mettant en scène un face-à-face inédit entre la figure du tirailleur sénégalais et le peuple malgache.
La résidence d’écriture francophone Afriques-Haïti 2026 est co-portée par ALCA, l’Institut des Afriques, la Villa Saint-Louis Ndar et l’Institut Français du Sénégal en partenariat avec la Maison des Écritures de La Rochelle et la Villa Valmont à Lormont, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Elie Ramanankavana, poète, romancier et critique d’art né à Antananarivo en 1995, est l’un des tenants de la nouvelle génération d’écrivains malgaches. Entre mémoire, oubli et violence, il s’est forgé une réputation d’écrivain au verbe impétueux. Elie Ramanankavana a publié Mille naissances pour quelques morts, poésie, aux éditions Edern ; Encre et lumière, poésie, chez Mpariaka Boky, Antananarivo; il a exposé Litanie pour une mère et Sans voix, à Hakanto Contemporary et a participé à l’Anthologie de l’année poétique, Chemin de liberté chez Seghers.
Son projet de roman, Peau noire, Île Rouge, explore les rapports entre peuples colonisés en mettant en scène un face-à-face inédit entre la figure du tirailleur sénégalais et le peuple malgache. À travers Ba, tirailleur engagé dans la répression de l’insurrection anticoloniale de 1947 à Madagascar, le récit déplace le regard du schéma classique colonisateur/colonisé vers une lecture centrée sur la nature des liens entre colonisés eux-mêmes. Entre le Sénégal et Madagascar, le roman traverse des paysages à la fois géographiques et intérieurs, où se nouent culpabilité, stigmatisation, solidarité contrainte et instrumentalisation des corps africains. En s’attachant à l’esprit tourmenté de son personnage, devenu malgré lui dépositaire de mémoires refoulées, Peau noire, Île Rouge interroge les violences durables produites par la colonisation et la transmission d’un trauma enfoui. Le roman ne cherche pas à désigner des coupables, mais à rendre lisible une histoire occultée, afin d’ouvrir un espace de lucidité et de confrontation avec le passé.
Informations à venir.