Saison de l'Institut des Afriques Littérature Madagascar
Venez à la rencontre d’Elie Ramanankavana, lauréat 2026 de la résidence d’écriture francophone Afriques-Haïti à l’occasion d’une soirée littéraire et musicale le mercredi 29 avril à 18h30 à la Villa Valmont ! Entrée gratuite, inscription conseillée via Helloasso.
Découvrez le prochain texte du poète-romancier Elie Ramanankavana, Peau noire, île rouge, situé à la croisée de l’histoire, de la mémoire et de la fiction poétique et qui exhume une page oubliée, celle des tirailleurs sénégalais envoyés à Madagascar, d’abord en 1895 pour la conquête coloniale, puis en 1947 pour réprimer l’insurrection. Des peuples noirs placés face à face, utilisés puis effacés. Inspiré par Peau noire, masque blanc de Fanon, le livre interroge la place imposée et le mal-être hérité. Dans ce projet de deuxième roman, que l’auteur, lauréat de la résidence d’écriture francophone Afriques-Haïti 2026, est venu travailler durant un mois en résidence à la Villa Valmont, les voix se superposent pour composer une fresque hantée, sans héros ni morale, mais habitée par la parole des oublié·es.
La lecture d’extraits du roman en écriture par des étudiant·es de Hobociné et son introduction par l’auteur seront proposées à la suite d’une courte présentation des ateliers menés tout le mois par Elie Ramanankavana avec une classe de lycéen·es des Iris (Lormont).
Pour clôturer cette soirée, nous vous invitons à plonger dans l’univers onirique de l’artiste, chanteuse et musicienne HÅNTCHA, qui performera un solo électro-acoustique.
La résidence d’écriture francophone Afriques-Haïti 2026 est co-portée par ALCA, l’Institut des Afriques, la Villa Saint-Louis Ndar et l’Institut Français du Sénégal en partenariat avec la Maison des Écritures de La Rochelle et la Villa Valmont à Lormont, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Peau noire, Île Rouge, explore les rapports entre peuples colonisés en mettant en scène un face-à-face inédit entre la figure du tirailleur sénégalais et le peuple malagasy. À travers Ba, tirailleur engagé dans la répression de l’insurrection anticoloniale de 1947 à Madagascar, le récit déplace le regard du schéma classique colonisateur/colonisé vers une lecture centrée sur la nature des liens entre colonisés eux-mêmes. Entre le Sénégal et Madagascar, le roman traverse des paysages à la fois géographiques et intérieurs, où se nouent culpabilité, stigmatisation, solidarité contrainte et instrumentalisation des corps africains. En s’attachant à l’esprit tourmenté de son personnage, devenu malgré lui dépositaire de mémoires refoulées, Peau noire, Île Rouge interroge les violences durables produites par la colonisation et la transmission d’un trauma enfoui. Le roman ne cherche pas à désigner des coupables, mais à rendre lisible une histoire occultée, afin d’ouvrir un espace de lucidité et de confrontation avec le passé.

Hantcha est une auteure-compositrice à l’univers singulier, où s’entrelacent cultures, émotions et résilience. Autodidacte nourrie par son double héritage entre Madagascar et la France, elle compose en dialogue intime avec sa guitare, sa voix et les rythmes. Dans son premier album, AFAKA, la résilience n’est pas seulement un thème : elle est une pulsation, un souffle vital qui anime chaque note et chaque mot. Artiste indépendante et sincère, Hantcha tisse des ponts entre héritages culturels et musiques actuelles et nous invite à croire au pouvoir régénérateur de la nature et de l’art.