Les murs qui parlent (conférence)

Les murs qui parlent (conférence)

Saison de l'Institut des Afriques Arts

Une conférence consacrée à la culture graffiti le mercredi 25 mars à 10h à la Maison des Sciences Humaines et Sociales de Poitiers. Avec Abdoulaye Niang, socioanthropologue et Noémie Goux, chercheuse. La conférence sera introduite par Adelina Miranda (Laboratoire Migrinter) et animée par trois étudiantes du Master Migrations de Poitiers : Lisa Trohel, Ashley Kam et Marie Terzian Benichou. Entrée libre et gratuite.
Rendez-vous ensuite à partir de 12h sur le campus de l’Université de Poitiers pour assister à une performance de graffiti par Luca Fiore, graffeur.

Dans le cadre du cycle Arts, décolonisation et migrations, en partenariat avec le laboratoire Migrinter – CNRS, université de Poitiers ; le laboratoire MIMMOC, université de Poitiers, l’Espace Mendès France et Filmer le travail.

Graffiti hip-hop au Sénégal, sensibilisation citoyenne et insertion

Mercredi 25 mars à 10h à la Maison des Sciences Humaines et Sociales de Poitiers – entrée libre

Implantés au Sénégal, à la suite d’abord de l’arrivée de la street dance, du DJing et du rap, les graffiti dits « hip-hop » bien que derniers venus et moins mainstream que le rap par exemple, ont assez rapidement, différemment des cas de figure majoritairement observés dans le monde occidental, fait l’objet d’un accueil favorable de la part des populations locales. Cela est peut-être dû, en partie, à leur prime inscription dans des logiques d’expression citoyenne et d’utilité sociale.

De fait, les premiers graffeurs Sénégalais ont, dès leurs débuts durant les années 1990, porté et endossé un discours de porte-voix et de “sentinelles” attitrés de la population sénégalaise en usant à fond de la capacité supposée de la “commmunication visuelle” à tisser plus aisément des univers communs de sens, en transformant les murs “sales et enlaidis” du pays, singulièrement ceux de Dakar, en une vaste galerie à ciel ouvert. Pour ce faire, les graffeurs Sénégalais usent de registres multiples plus ou moins explicites, naviguent dans des « mondes de l’art » aux logiques quelquefois en tension, et essayent finalement de mettre en dialogue plusieurs défis : besoins d’un message aisément décodable, souci, esthétique et valorisant, de faire de sorte que ces messages soient des “masterpieces” reconnus, et possibilité de s’insérer, de valoriser économiquement certaines de leurs “pièces”.

Abdoulaye Niang

Abdoulaye Niang est socioanthropologue, enseignant-chercheur au Département des Métiers des Arts et de la Culture rattaché à l’UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal, un département qu’il a dirigé de 2012 à 2016. Ses centres d’intérêt portent essentiellement sur les cultures urbaines et les mouvements sociaux de jeunes, les faits musicaux, les usages sociaux du numérique et les formes innovantes d’engagement citoyen, notamment en rapport avec des pratiques artistiques. Il s’intéresse en outre aux questions d’ordre épistémologique, théorique et méthodologique en sciences de l’Homme et de la société.

Abdoulaye Niang a été chercheur invité dans des institutions de recherche et d’enseignement supérieur en Afrique (Université de Sousse, University of Cape Town…), en Amérique du Sud (Universidade de São Paulo, Universidade Federal do Rio Grande do Sul …) et du Nord (Northwestern University, Rutgers University ; University of Victoria …), en Europe (Leiden Universiteit, Université de Bâle, EHESS…), etc.

Noémie Goux

Doctorante en géographie au sein de l’UMR Passages, de l’Université Bordeaux Montaigne, Noémie Goux est également membre associée de MIGRINTER et du LMI-Movida ainsi que fellow de l’Institut Convergences Migrations.

Ses travaux portent sur le mouvement migratoire, incarné et suggéré par des traces et marques, pensées comme un ensemble d’éléments infimes et sensibles. Cette étude, attentive aux indices et signes de présence, se situe à l’échelle de la ville depuis une approche sensible et micro-géographique, et tend à montrer que les traces et les marques sont des entrées singulières pour saisir les contextes et situations migratoires.

Performance par Luca Fiore

Mercredi 25 mars à partir de 12h sur le campus de l’Université de Poitiers

Luca Fiore est un artiste italo-français habitant à Vitry sur Seine. Après l’obtention du diplôme de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris (EN SAD) en Cinéma d’Animation, il entreprend un parcours artistique pluridisciplinaire. Explorant tour à tour le court-métrage comme avec Otop, les fresques, les tatouages ou le body-painting, il cherche à mettre en lien ces pratiques pour créer de nouvelles formes et aborder de nouvelles thématiques. Il participe en ce sens à des expositions collectives comme Vitry’n Urbaine en 2017, Rehab 2 à la Cité Universitaire de Paris en 2019 ou Swm and Friends en 2021. Il prépare actuellement une exposition au Hangar à Ivry sur Seine sur le rapport entre les arts plastiques et la musique contemporaine.

À partir de sa pratique de graffeur il montrera comment le graffiti est intrinsèquement lié à la notion mouvement. Il s’agit d’un geste, parfois préparé parfois improvisé, souvent travaillé qu’il est possible d’assimiler par bien des aspects à une danse, une chorographie.